Comprendre l’échelle des crus en Champagne
Une échelle liée au prix du raisin
En Champagne, l’échelle des crus est née des discussions entre vignerons et maisons sur le prix du raisin. La chronologie du Comité Champagne place en 1911 la première réunion interprofessionnelle destinée à définir une échelle des crus et à discuter du prix du raisin.
Au fil du temps, l’échelle a attribué à chaque cru un pourcentage compris entre 80 et 100 %. Ce pourcentage s’appliquait à un prix de base : un cru classé à 80 % recevait 80 % du prix de base, un cru à 95 % en recevait 95 %. En 1959, le premier contrat interprofessionnel indexe le prix du raisin sur le prix moyen de vente du champagne par les maisons ; la chronologie donne le chiffre de 28 % sans en préciser le calcul.
Les mentions grand cru et premier cru
Selon le Comité Champagne, c’est le décret du 1er juillet 1952 qui introduit officiellement les termes « grand cru », réservé aux vins des communes classées à 100 %, et « premier cru », réservé aux vins des communes classées de 90 à 100 %. Le mot « cru » désigne donc ici une commune : c’est le territoire communal qui était classé.
La fin de l’échelle des crus
En 1990, selon la chronologie du Comité Champagne, des contrats particuliers succèdent au contrat interprofessionnel et un prix indicatif remplace le prix obligatoire. Selon la foire aux questions du Comité Champagne, l’INAO a ensuite aboli l’échelle des crus en 2010, tout en acceptant que les communes bénéficiant historiquement des dénominations « grand cru » et « premier cru » puissent les conserver.
Ce que dit le cahier des charges
Ces mentions relèvent désormais du cahier des charges de l’appellation Champagne, dans sa version homologuée par l’arrêté du 31 juillet 2025. Le nom de l’appellation peut être complété par la mention « grand cru » pour les vins issus de raisins récoltés sur le territoire de 17 communes du département de la Marne : Ambonnay, Avize, Ay, Beaumont-sur-Vesle, Bouzy, Chouilly, Cramant, Louvois, Mailly-Champagne, Le Mesnil-sur-Oger, Oger, Oiry, Puisieulx, Sillery, Tours-sur-Marne, Verzenay et Verzy. Pour ces mêmes communes, le texte autorise aussi la mention « premier cru ».
La mention « premier cru » seule est ouverte à 42 autres communes, parmi lesquelles Avenay-Val-d’Or, Cumières, Dizy, Hautvillers, Mareuil-sur-Ay et Vertus.
Lire « Grand Cru » sur une étiquette
Sur une étiquette, « grand cru » renseigne donc sur l’origine des raisins : le vin est issu de raisins récoltés sur le territoire des communes de la liste. La mention complète l’appellation sans la remplacer : l’étiquetage d’un champagne doit toujours comporter l’appellation d’origine contrôlée « Champagne ».
Le cahier des charges permet aussi de nommer une commune ou un lieu-dit cadastré, à condition que tous les raisins utilisés en proviennent et que ce nom figure sur la déclaration de récolte. Le nom d’une commune peut être associé à « Premier Cru » ou « Grand Cru » si elle figure sur les listes ; pour les autres communes, il doit être associé à la mention « Vigne de » ou « Vignoble de ». Ce nom ne peut pas être imprimé en caractères plus grands que ceux du nom de l’appellation.
Sources
Sources consultées le 21 octobre 2026 ; relecture indépendante le 21 octobre 2026. Une erreur ? Le lien ci-dessous m’arrive directement.
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